En fouillant dans mes archives, je suis tombé sur un rouleau qui me renvoie à l’époque où, ayant dessiné un premier numéro de Baragrin pour Alan Austin, j’étais déjà à l’ouvrage sur les épisodes suivants. J’ai posté ailleurs la couverture du n°2, qui fut en plus complètement dessiné.

Dans mon grand élan d’enthousiasme forcené, j’avais entamé le n°3, première partie d’une immense saga spatiale en deux épisodes, avec l’ambition cachée d’une série spin-off sur Starbird, chef des forces rebelles de la galaxie des Oiseaux — ou, au moins, d’un numéro spécial qui conterait sa très étrange origine et sa fin. On reconnaît sur la version déployée (cliquez sur le détail ci-dessus afin de voir l’ensemble dans son ampleur barbare) la présence du Compuzard, ce perfide conseiller robot maîtrisant la science et la magie, dont l’ornementation frontale a marqué plus tard le personnage principal du manga Avatar.

J’étais lancé, plus rien ne pouvait m’arrêter: aujourd’hui, le Royaume-Uni; demain, le monde!

Et là, Alan Austin m’expliqua avec ménagements qu’il n’était peut-être pas nécessaire de s’emballer, parce que tout ça lui avait quand même coûté assez cher et que la déferlante escomptée de clients pour le n°1 avait plutôt ressemblé à un ru en été.

Donc proutch. Pour employer une image hardie.

J’ai conservé dans mes cartons les quatre premières pages de ce troisième numéro (qui venait éclairer les événements de l’épisode précédent et dévoiler la nature du Jardin de la Pieuvre); trois sont encrées, la dernière simplement lettrée et crayonnée.

La couverture démontre facilement que l’écoline, c’est bien joli, mais pas forcément très pratique pour la mise en couleurs, même en se défaussant lâchement sur un effet d’aquarelle vaguement jetée pour justifier les irrégularités de teinte. Surtout quand on n’a aucune notion solide sur les techniques de l’aquarelle. De nos jours, un minimum de retouches sous Photoshop et paf! on obtient un truc qui ferait presque illusion.

Enfin, bon, voilà l’objet du crime — dessiné en 1978 (oui, ça fait un bail, je sais), ce qui explique que cet épisode s’annonçait sous le titre de War Stars.

La suite se serait intitulée Close encounters of the bird kind. Ça sonnait pas mal, je trouve.

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