Je le reconnais: le jour où Roland Wagner m’a dit qu’il voulait que je dessine la couverture de son prochain livre, mon impulsion immédiate a été de ne pas chercher à le dissuader, et de profiter lâchement de sa perte subite de raison en disant oui.

Une couverture! Sur un vrai livre qu’on trouverait dans de vraies librairies! Chouette!

Le karma, qui est une garce sans pitié, n’allait pas tarder à me rappeler son existence. D’abord, Roland n’avait pas encore écrit le bouquin, et il me donna juste quelques indications sur ce qu’il voulait, pour ce volume des Nouveaux Mystères de Paris où son enquêteur invisible, Tem, rencontrait… des toons. Pardon: des tøøns. «Dessine un kangourou dans un style comique, en train de courir dans la rue!»

D’aucuns, chargés de dessiner un mouton, s’en sont bien tirés. Avec mon kangourou, j’étais plus désorienté.

J’avais aussi demandé à avoir pas mal de temps pour œuvrer, parce que je ne dessine pas vite et que je peins encore moins vite («Vous n’utilisez pas Photoshop?» m’avait demandé la directrice artistique de chez Fleuve Noir. «Je préfère peindre», avais-je cauteleusement rétorqué. Jim Bama, Frazetta et moi… En fait, en 1999, Photoshop se situait un peu au-delà des capacités de mon Mac et de ma bourse.)

Et puis le temps passa, sans que la commande se précise, ce qui fait que lorsque l’heure fatidique revint en question, je dus rendre une copie un peu précipitée, parce que c’était soudain pressé, et que quinze jours sans faute, à l’époque, ça comprenait le temps d’acheminement par la Poste.

Résultat des courses: une couverture qui manque cruellement de texture, de contrastes travaillés et d’à peu près tout, parce que j’ai pas eu le temps!!! Mais bon: J’ai fait la couverture d’un vrai bouquin vendu dans de vraies librairies. Au Fleuve Noir, na.

Pour la réédition, c’est un certain Caza qui a pris la relève. Évidemment, oui, comme ça, c’est plus facile…

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