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Pluie d'automne

Normalement j’essaie de changer de palette limitée à chaque fois, mais là, étant donné le titre, je n’avais guère le choix. J’ai triché avec un peu de jaune mordoré.

Encore une des ébouriffantes aventures de Doc Sovage, mythique série dont les bardes chantent parfois la saga en bis quand le public mérite une punition.

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Signes de vie

Trop de boulot en cours — je termine une traduction — donc, rien que pour le geste, une couverture de l’immarcescible série Doc Sovage, mise en couleurs si vite que c’en est un scandale.

En même temps, est-ce que ça mérite plus?

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Bonne année du Serpent, les gens! Je vais essayer d’être un brin plus présent. Mais je ne garantis rien…

Comme c’est aujourd’hui la Saint Georges, fête nationale en Angleterre et anniversaire de Shakespeare, ou la Sant Jordi en Catalogne, et malgré le fait qu’un vilain petit dragon crachant venin n’a toujours pas été vaincu par ici, j’ai eu envie de crobarder vite fait une de ces bestioles, histoire de meubler ce blog.

Ce qui fut fait.

Oui, oui, je suis pas mal occupé ces temps-ci, les blogs sont déjà mal partis et la suite d’ «Arthurienne», je vous raconte même pas. Et comme pour rafraîchir mon autre blog il me faudrait écrire un peu, je me contente de raviver celui-ci par deux dessins piqués presque au hasard dans une pile: la couverture et la page spectaculaire du Cinquième coin du monde, l’album de Baragrine que j’ai mené à terme. Histoire de prouver que j’en ai été capable une fois, alors qui sait?

Vous noterez que la couleur de la couverture semble bizarre: c’est qu’elle est faite en quadrichromie manuelle, qui exigeait qu’on décompose les couleurs en trois films de couleurs primaires (quatre si vous comptez le noir) et qu’on les indique en collant de la peinture opaque (aussi dite inactinique) sur les zones à 100% de couleur et des trames appropriées sur celles de proportions moindres. On coupait des films autocollants avec un cutter, on s’en fichait partout et il y avait toujours des erreurs ou des recouvrements qui se faisaient pas bien.

Rétrospectivement, c’était très amusant. Mais rétrospectivement, uniquement.

La grande planche montre l’éruption du Phénix dans une vallée perdue de l’Himalaya. Non, je ne trouve pas que ça ressemble à du Byrne. Mais c’est un phénix, et les phénix, dès qu’on commence à en faire un genre de rapace (ce qui est mieux, ça leur donne plus de prestance), on obtient forcément un air de famille.

Et puis j’avais eu l’idée de l’histoire bien avant Claremont et Byrne. D’abord.

 

Ruggedo, roi des Gnomes, dans les livres d’Oz de L. Frank Baum.

Comme c’est la période de ce genre de choses, une ancienne carte de Noël, au temps où je photographiais mes peintures – d’où le flou plus ou moins artistique du document ci-dessus – que je donnais ensuite à tirer en cartes postales à la boutique de copie du coin. La carte de Noël artisanale, ça n’a pas été toujours une entreprise facile. Et je ne vous parle pas des cartes imprimées en noir et blanc chez l’imprimeur du patelin. J’en ai encore quelques exemplaires, trente ans après!

Parmi mes grands projets à moi que j’ai, traîne depuis une grosse trentaine d’années une trilogie de fantasy animalière dont le squelette est à peu près établi, et pas mal de pages toutes dessinées dans ma tête.

Malheureusement, la bande dessinée a un défaut énorme par rapport à l’imagination: il faut la dessiner – et j’ai toujours remis le projet à plus tard. Ce, pour diverses raisons: au début parce que je ne me sentais pas les épaules pour dessiner ça, ensuite plutôt parce que je me perdais en stratégies variées sur la manière de me lancer dans le projet. Au temps de l’autoédition personnelle, l’idée de tout découper en une série de pseudo-comics à la Cerebus me titillait, par exemple. Mais je me disais qu’il faudrait prendre pas mal d’avance pour ne pas risquer de nuire à la régularité de sortie des numéros, avec un tel système. L’avantage du système  reposait en une sorte de prépublication, qu’on pouvait corriger avant publication éventuelle dans un format plus durable, en fonction des progrès que j’avais pu faire au cours de la réalisation de la saga.

Oh, mais, c’est que j’avais bien mitonné mon coup! Un plan imparable – qu’il aurait juste fallu mettre en œuvre à un moment donné. Ouais, ouais, chipotez pas.

L’intrigue (que je ne vais pas non plus raconter, au cas où le temps et l’énergie me viendraient brusquement pour m’y lancer) tournait entre autres autour d’un royaume qui tombait à cause d’une soudaine accumulation de dettes. J’avais trouvé l’idée un peu originale – je n’ai pas souvenir d’un roman de fantasy où le concept soit utilisé – et me délectais de la traiter. Il y avait d’autres enjeux, ce n’était qu’une intrigue secondaire, hein! La Menace fantôme, au cas où je ne m’en serais pas aperçu tout seul, m’aurait enseigné que ce genre d’intrigue financière est en lui-même puissamment soporifique.

Évidemment, ces jours-ci, l’originalité du concept paraît un peu dégonflée par l’actualité, ce qui peut porter au projet un nouveau coup, fatal. Peut-être alors vaudrait-il mieux que je reprenne mon grand projet de space op animalier, qui se déroule dans une région de l’espace où a été instaurée la Première Anarchie universelle, terme un peu impropre pour un joyeux trululu où coexistent des planètes dans une association d’autonomies locales. Et comme ça, si par malheur mon projet de fantasy avait été prémonitoire, on pourrait peut-être redresser la barre dans une direction plus sympathique pour la conjoncture.

Bref, de la grande saga prévue de Gareth, ne sont finalement sorties qu’une couverture pour le catalogue de la librairie Ailleurs, et une histoire en six pages pour la revue Sapristi!, dont voici la première. La saga elle-même est née d’un projet encore plus lointain, l’épopée de Cerngoth, dessinée avec un style réaliste, et restée en panne après une première histoire (assez vilaine) publiée dans le Comics Unlimited d’Alan Austin, une deuxième (pas terrible), non publiée si je ne m’abuse, et un début de troisième (en progrès, mais pas assez), resté en plan. Ce que j’ai d’ailleurs déjà évoqué. Je radote. Mais à sa (partielle) publication, Cerngoth n’était déjà pas tout neuf, en fait: je m’étais fait poliment rembarrer en proposant trois histoires en deux planches très seventies sur le personnage à la rubrique Carte Blanche de Spirou.

Bref, après avoir pris conscience que, du point de point réalisme, mon coup de crayon n’était vraiment pas au point, j’avais dès lors opté pour un panda sorcier plus dans mes cordes, avec des costumes quelque peu Renaissance (moins ressassés qu’un pseudo Moyen-Âge omniprésent): Gareth. Un nom piqué au page de Lancelot, que j’avais bien aimé dans The Once and Future King de T.H. White. J’avais prévu une enfance, une jeunesse passée à apprendre la magie selon des modalités récupérées de Cerngoth (l’histoire parue dans Sapristi! s’inscrivait dans cette période) et l’intrigue de la trilogie mentionnée plus haut.

De grands plans. Et un jour, peut-être…

Mais pas cette semaine. J’ai plein de boulot en cours.

Un peu occupé, ces temps-ci? Euh, oui. Un peu, quand même.

Histoire de remuer pour montrer que le blog n’est pas abandonné, un vieux gag – presque trente ans! (insérer ici une remarque nostalgique et sarcastique sur le temps qui file) – qui devait être le premier d’une série d’humour un peu plus noir que d’habitude, consacrée au Lièvre et à la Tortue. Ce fut le premier. Et le seul.

Comme l’automne semble enfin arrivé et que les feuilles tombent, je le colle en place. J’aurais dû le passer à la couleur. Mais ces temps-ci, je suis occupé. Un peu, quand même.

Une poignée de dessins sortis de l’aube des temps (ou deux, trois minutes après) dont je m’aperçois, au moment de chercher un titre, qu’ils représentent tous des animaux. Surprise limitée, puisque j’ai surtout fait des bédés animalières. La couverture de Yellow Submarine illustre un de mes best-sellers (enfin, best-reprinter, disons plus justement), une petite histoire qui a été reprise deux ou trois fois – dont une dans Sapristi!, si je ne m’abuse – où le calamiteux auteur Sean O’Shaughnessy fait l’expérience d’une convention de bédé, très inspirée par les conventions américaines, celle de San Diego en particulier. J’avoue que c’est une histoire que j’avais bien aimé faire, parce que le comique en venait bien, autant celui du style effroyable de l’écrivaillon que le parler des gamins qui le harcèle, et qu’enfin l’humour purement physique de la poursuite finale. On notera aussi que je commence (enfin)à me colleter avec des décors qui ne sont plus une berge de rivière dans une forêt. Ç’aurait pu être le début de quelque chose de sympa si j’avais poursuivi dans cette veine.

En complément de programme, je vous mets ici un chti logo pour un fanzine d’André-François Ruaud sur le rock progressif, Acid Dragon, où j’ai illustré le titre assez littéralement, faute de savoir de quoi il s’agissait quand il m’a demandé un dessin. J’aurais dû le dépeindre nettement plus acide. Ah, ben oui… Si c’était à refaire…

Et une couverture du Catalogue Ailleurs, un peu hâtive, pour une promo d’une plaquette éditée et traduite par Jean-Daniel Brèque de la belle nouvelle de Michael Bishop, La Fiancée du Singe, fruit des amours littéraires de Mme Leprince de Beaumont et de Jorge Luis Borgès. J’ai commis la couverture et des illustrations intérieures. Je les posterai peut-être la prochaine fois. Il doit y avoir prescription, depuis le temps.